Raccordement de panneaux solaires en Suisse : la demande au gestionnaire de réseau
Comment se passe le raccordement de panneaux solaires en Suisse : demande de raccordement, avis d’installation, limites techniques, compteur, coûts et mise en service.
Le raccordement de panneaux solaires en Suisse passe par le gestionnaire de réseau de votre adresse, qui est tenu de reprendre votre électricité solaire. Avant les travaux, l’installateur lui dépose une demande de raccordement, puis un avis d’installation qui indique aussi votre modèle d’autoconsommation ou de rétribution. Le gestionnaire vérifie que son réseau peut accueillir l’installation, pose son compteur et la met en service une fois le rapport de sécurité reçu. Vous choisissez peu de choses vous-même, mais ces choix fixent ce que vous toucherez pour votre surplus pendant des années.
| Étape | Qui | Document | Validité ou délai |
|---|---|---|---|
| 1. Trouver le gestionnaire | Vous | Votre adresse, votre facture d’électricité | — |
| 2. Demande de raccordement | L’installateur | Formulaire sur le portail du gestionnaire, plan de situation, modèle d’autoconsommation | Caduque sans avis d’installation dans les six mois |
| 3. Réponse du gestionnaire | Le gestionnaire | Accord, accord sous réserve ou conditions | Pas de délai légal publié |
| 4. Avis d’installation | L’installateur (autorisation générale) | Schéma, fiches techniques, modèle de rétribution | Avant les travaux ; caduc sans début des travaux dans les six mois |
| 5. Commande du compteur | L’installateur | Commande des appareils de mesure | Au moins dix jours ouvrables avant la pose |
| 6. Rapport de sécurité et mise en service | L’installateur, vous, le gestionnaire | Rapport de sécurité, protocole de mise en service | Après le contrôle final |
| 7. Contrôle de réception | Vous | Rapport de l’organe de contrôle | Dans les six mois après la remise |
Trouvez votre gestionnaire de réseau
En Suisse, vous ne choisissez pas votre gestionnaire de réseau : c’est l’entreprise qui dessert votre adresse. Les données tarifaires 2027 de la Commission fédérale de l’électricité (ElCom) en comptent 535. En Suisse romande, les plus grands sont SIG à Genève, Romande Energie dans le canton de Vaud et le Chablais valaisan, Groupe E dans les cantons de Fribourg, Neuchâtel et Vaud, les Services industriels de Lausanne (SiL), OIKEN en Valais et Viteos à Neuchâtel. Votre facture d’électricité indique le vôtre.
Ce gestionnaire joue trois rôles pour votre projet : il examine la demande de raccordement et l’avis d’installation, il pose et relève le compteur, et il reprend votre surplus. La loi sur l’énergie l’oblige à reprendre l’électricité renouvelable produite dans sa zone et, faute d’accord sur un autre prix, à la rétribuer selon les règles fédérales. Ce qu’il paie dépend donc de lui : voyez notre guide du tarif de reprise.
La demande de raccordement
Avant l’avis d’installation, l’installateur dépose une demande de raccordement au gestionnaire, sur le portail en ligne que celui-ci impose. En allemand, on parle de technisches Anschlussgesuch (TAG). Elle est obligatoire pour une installation solaire raccordée au réseau, et aussi pour une batterie, une pompe à chaleur ou une borne de recharge. Elle comprend un plan de situation de l’installation et le modèle d’autoconsommation, que vous devez donc fixer dès ce moment : consommation propre simple, regroupement avec d’autres consommateurs ou communauté électrique locale. Notre guide des RCP et communautés électriques locales explique ces modèles.
La demande devient caduque si l’avis d’installation ne suit pas dans les six mois après son acceptation. Pour une maison, aucune règle fédérale ne fixe au gestionnaire un délai de réponse, et les gestionnaires ne publient pas de durée standard. Déposez-la tôt : Romande Energie le recommande aussi aux installateurs, car une demande tardive peut bloquer une installation déjà posée.
Quand le réseau est trop faible
Le gestionnaire vérifie que son réseau et votre ligne de raccordement supportent l’injection prévue. S’il faut les renforcer, plusieurs réponses sont possibles :
- un accord sous réserve : BKW indique qu’une installation peut alors démarrer sans injection ou avec une puissance réduite jusqu’au renforcement ;
- un réglage de l’onduleur : Romande Energie propose, quand l’étude le permet, un réglage dit P(U), qui réduit la puissance injectée seulement quand la tension du réseau devient trop haute ; l’installateur fait ce réglage, ce qui peut coûter un supplément ;
- un renforcement planifié : selon Romande Energie, il est en principe réalisé dans un délai pouvant aller jusqu’à 24 mois.
Demandez la réponse écrite du gestionnaire avant de fixer la date du chantier et avant de payer un acompte important.
L’avis d’installation et le modèle de rétribution
L’avis d’installation annonce les travaux au gestionnaire. C’est une obligation légale de l’entreprise titulaire d’une autorisation générale d’installer, et il doit être déposé avant le début des travaux. Pour une installation solaire, il comprend :
- le schéma de principe de l’installation avec le comptage ;
- les fiches techniques et les déclarations de conformité des panneaux et des onduleurs ;
- les fiches techniques des protections ;
- le modèle d’autoconsommation ou de rétribution choisi ;
- le cas échéant, l’acheteur tiers de l’électricité injectée.
L’avis devient caduc si les travaux ne commencent pas dans les six mois après son acceptation. En l’acceptant, le gestionnaire libère les travaux, mais il ne certifie pas que l’installation est conforme : cela reste la responsabilité de l’installateur.
Le modèle de rétribution. Pour une maison, le cas courant est la consommation propre avec vente du surplus au gestionnaire. En 2026, il paie au moins le prix de marché de référence trimestriel de l’Office fédéral de l’énergie, avec un minimum de 6 centimes par kWh pour les installations de moins de 30 kW. Dès le 1er janvier 2027, le surplus sera payé au prix du marché du quart d’heure où il est injecté, avec une prime trimestrielle quand le prix de référence du trimestre est inférieur à ce minimum ; elle ne garantit pas 6 centimes sur vos propres ventes. Certains gestionnaires paient un prix fixe plus élevé, garanties d’origine comprises : SIG à Genève 10,96 centimes hors TVA en 2026 et 2027 pour les installations de moins de 100 kWc, les SiL à Lausanne 11 centimes hors TVA en 2027 pour les installations de moins de 100 kW avec autoconsommation qui leur cèdent leurs garanties d’origine. Vous pouvez aussi vendre à un autre acheteur si vous trouvez un accord : l’avis d’installation le mentionne alors.
Les limites techniques d’une maison
Monophasé ou triphasé. Un onduleur monophasé est limité à 3,7 kVA ; au-delà, l’installation doit être triphasée. Plusieurs onduleurs monophasés peuvent être répartis sur les trois phases, jusqu’à 3 × 3,7 kVA, soit 11,1 kVA, et l’écart de charge entre deux phases ne doit pas dépasser 3,7 kVA. Un onduleur monophasé de 3,6 kW passe ; un modèle monophasé de 4 ou 5 kW ne passe pas.
Communication. Les prescriptions des distributeurs demandent qu’une installation de production dispose d’une interface de communication, par exemple une entrée binaire, pour que le gestionnaire puisse piloter l’injection.
Batterie. Une batterie suit les mêmes règles de phase. Une batterie couplée en courant alternatif ne peut être installée que par une entreprise titulaire d’une autorisation générale d’installer. Notre guide de la batterie solaire aide à choisir.
Limiter l’injection : 3 % par an au plus
Depuis le 1er janvier 2026, le gestionnaire de réseau peut limiter l’injection de votre installation sans vous demander votre accord et sans rétribution, pour soulager son réseau lors des pics d’injection. La limite légale porte sur l’énergie : il peut ajuster au maximum 3 % de l’énergie produite chaque année au point de raccordement. Il doit vous informer, sur demande ou au moins une fois par an, des raisons et de l’ampleur de ces limitations. En cas de menace immédiate et importante pour la sécurité du réseau, il peut en outre intervenir sur votre installation.
Pour appliquer cette règle, la branche recommande de limiter la puissance injectée au point de raccordement à 70 % de la puissance des panneaux, ce qui respecte dans tous les cas le plafond de 3 % pour les installations jusqu’à 1200 m d’altitude. Romande Energie applique cette mesure dès le 1er janvier 2027.
La limite porte sur la puissance injectée au point de raccordement, pas sur la production. Selon l’exemple de Romande Energie, une installation de 10 kWc limitée à 70 % peut injecter 7 kW ; si la maison consomme 2 kW au même moment, elle produit 9 kW. Seuls quelques pics de midi sont écrêtés, et Romande Energie estime la perte réelle plutôt à environ 1 % par an. La loi la plafonne à 3 %.
Une batterie ou un chauffe-eau piloté absorbent justement ces pics. Demandez à l’installateur comment l’onduleur et le gestionnaire d’énergie seront réglés, et qui adapte le réglage si le gestionnaire de réseau change ses prescriptions.
Le compteur
Une fois l’avis d’installation accepté sans réserve, l’installateur commande le compteur : le gestionnaire doit disposer d’au moins dix jours ouvrables pour le poser. Le comptage est facturé à part : la médiane ElCom 2027 est de CHF 78,48 par an hors TVA pour le profil de ménage H4.
Le compteur d’une installation solaire devient un compteur intelligent : il enregistre la courbe de charge par quart d’heure et la transmet au gestionnaire. Dès le 1er janvier 2028, les gestionnaires doivent en équiper toutes les installations de production soumises à l’obligation de reprise et à autorisation d’installer. Le quart d’heure compte pour la rétribution de 2027 : une installation existante qui n’a pas encore de compteur intelligent reste payée selon la règle de 2026 jusqu’au 31 décembre 2027 au plus tard. Pour une installation mise en service à partir de 2027, demandez au gestionnaire quel compteur il posera et dans quel délai. Un regroupement ou une communauté électrique locale qui en demande un doit l’obtenir dans les trois mois.
Ce que coûte le raccordement
Le raccordement d’une maison ne se paie pas en un seul montant. Faites séparer dans l’offre :
- le travail de l’installateur sur la demande de raccordement, l’avis d’installation et le raccordement au tableau ;
- la ligne de raccordement, de la limite de votre parcelle jusqu’au point de raccordement au réseau, si elle doit être renforcée : pour une puissance de raccordement de 50 kW au plus, ce renforcement est à la charge du producteur ; BKW précise que le client paie sa propre ligne, mais pas le renforcement du réseau de distribution ;
- le coupe-surintensité ou le tableau, si la puissance de raccordement de la maison doit être augmentée ;
- le comptage, facturé chaque année par le gestionnaire.
Les renforcements du réseau de distribution causés par la production solaire font partie des coûts de réseau du gestionnaire, qui reçoit pour cela une indemnité de la société nationale du réseau de transport. Ils ne vous sont pas facturés directement. Romande Energie résume la répartition ainsi : le propriétaire paie le raccordement de son installation depuis le dernier point où il est seul sur sa ligne, et le gestionnaire les coûts au-delà. Notre grille pour comparer des devis solaires aide à repérer ces postes.
Mise en service
Après la pose, l’installateur fait le contrôle final et vous remet le rapport de sécurité, que vous transmettez au gestionnaire de réseau, souvent par son intermédiaire. L’installation ne peut fonctionner en parallèle au réseau que lorsque :
- l’avis d’installation est accepté et ses éventuelles conditions sont remplies ;
- les réglages exigés par le gestionnaire, dont les réglages suisses de l’onduleur et les protections, sont documentés dans un protocole ;
- le compteur et les équipements de communication sont prêts ;
- le rapport de sécurité et les protocoles de mesure sont chez le gestionnaire.
Dans les six mois suivant la remise, vous faites encore faire un contrôle de réception par un organe indépendant. Notre guide du rapport de sécurité (RaSi) détaille ces contrôles.
L’installateur peut faire fonctionner l’installation à l’essai pour la contrôler, en accord avec le gestionnaire de réseau. L’écran de l’onduleur s’allume et l’application affiche une production, mais l’installation n’est pas encore mise en service. Relevez les index du compteur et de l’onduleur le jour de la vraie mise en service.
La rétribution unique de Pronovo se demande ensuite, une fois l’installation réalisée.
Agrandissement, batterie ajoutée et kit de balcon
Agrandir ou ajouter une batterie. Une modification d’une installation existante suit la même procédure : nouvelle demande de raccordement si nécessaire, nouvel avis d’installation, nouveau rapport de sécurité et nouvelles conditions de mise en service. Le gestionnaire peut demander des documents supplémentaires, par exemple le schéma des anciennes et des nouvelles parties.
Kit de balcon. Un kit enfichable de 600 W au plus ne passe pas par la demande de raccordement. Vous l’annoncez vous-même au gestionnaire, dans la forme qu’il fixe, souvent un formulaire en ligne, avec la déclaration de conformité du kit. Voir notre guide du panneau solaire de balcon.
Avant de signer
Les points de raccordement à régler dans l’offre
Faites écrire chaque point ; vous saurez ensuite qui relancer.
- Gestionnaire. Le nom de votre gestionnaire de réseau et son tarif de reprise actuel.
- Demande. Qui dépose la demande de raccordement, et quand.
- Modèle. Le modèle d’autoconsommation ou de rétribution inscrit dans l’avis d’installation.
- Phases. Onduleur monophasé de 3,7 kVA au plus, ou triphasé.
- Injection. Le réglage prévu pour la limitation d’injection et la commande du gestionnaire.
- Renforcement. Qui paie si la ligne de raccordement ou le tableau doit être renforcé.
- Compteur. La date de commande du compteur et son type.
- Documents. Qui transmet le rapport de sécurité et qui commande le contrôle de réception.
Pour le déroulé complet du chantier, du devis à la rétribution unique, voir notre guide de l’installation des panneaux solaires.
Préparez votre projet
Notre calculateur solaire estime la taille, la production, le surplus injecté et l’amortissement pour votre adresse, avec le tarif de reprise de votre gestionnaire de réseau quand nous le connaissons. C’est une estimation, pas une offre.
Questions fréquentes
Qui fait la demande de raccordement ?
L’installateur, sur le portail de votre gestionnaire de réseau, avant l’avis d’installation. Vous fixez avec lui le modèle d’autoconsommation qu’il y inscrit.
Combien de temps prend le raccordement ?
Aucun délai fédéral ne s’impose au gestionnaire. Les règles fixent seulement la validité des documents : six mois pour la demande de raccordement et pour l’avis d’installation, dix jours ouvrables pour la pose du compteur. Si le réseau doit être renforcé, Romande Energie parle de délais pouvant aller jusqu’à 24 mois.
Le gestionnaire de réseau peut-il refuser mon installation ?
Il peut l’accepter sous réserve, avec une injection réduite ou nulle jusqu’au renforcement du réseau, ou demander un réglage de l’onduleur. Il doit reprendre l’électricité renouvelable produite dans sa zone.
Le gestionnaire peut-il brider mon installation ?
Oui, dans une limite : il peut ajuster au maximum 3 % de l’énergie produite chaque année au point de raccordement, sans rétribution. La branche recommande pour cela une injection limitée à 70 % de la puissance des panneaux. En cas de menace immédiate pour la sécurité du réseau, il peut aussi intervenir.
Qui paie le renforcement du réseau ?
Le renforcement du réseau de distribution est un coût du gestionnaire. Pour une installation jusqu’à 50 kW, le renforcement de la ligne de raccordement entre la limite de votre parcelle et le réseau reste à votre charge.
Faut-il un compteur intelligent ?
Oui, à terme : dès 2028, toutes les installations de production soumises à autorisation doivent en avoir un. Il mesure l’injection par quart d’heure, ce qui compte pour la rétribution dès 2027.
